ethical fashion show

En 2004, à Paris, lors de sa création, l’Ethical Fashion Show présentait le travail d’une petite vingtaine de créateurs. 15 ans plus tard, se salon a été racheté par Messe Frankfurt et continue ses éditions en Allemagne. Le nombre de marques est multiplié par presque dix… et leur créativité aussi. La mode éthique se porte de mieux en mieux et le public souhaite en porter de plus en plus.

«Il n’y a pas de beauté dans la plus belle étoffe si elle est tissée dans la faim et dans le malheur.» Il aura fallu 60 ans pour que dans le monde de la mode, cette phrase de Gandhi fasse figure de philosophie.

En 1948, on inscrivait un principe fondamental similaire dans la Déclaration Universelle des Droits de l’homme: «Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille à une existence conforme à la dignité humaine.» Cet article 23 résume tellement bien le principe même de la mode éthique que depuis début 2007, c’est aussi le nom d’une marque de vêtement.
Après des années 80 résolument frimes, des années 90 minimalistes et des années 2000 multi tendances, on découvre aujourd’hui qu’en achetant un vêtement, on ne se procure plus simplement un bout de tissu mais aussi une manière d’être. Notre tenue raconte notre tribu et nos principes. Alors d’un coup, la mode doit être équitable, bio et au mieux éthique.
Effet inattendu de la mondialisation, le malheureux du bout du monde est soudain de plus en plus proche et il n’est plus question que notre jean ou nos baskets soient la cause de son désarroi. A tel point qu’une acheteuse sur deux se dit concernée par la démarche éthique.
On achète pour des convictions écologiques. On achète par compassion pour les travailleurs pauvres. On achète pour financer un orphelinat ou aider des réfugiés. Mais aussi et surtout on achète parce que c’est original. Finis les bonnets péruviens et les ponchos couvertures, la mode éthique est non seulement bouillonnante de création mais elle répond à toutes les demandes. Discrète ou colorée, luxueuse ou abordable, tout le monde y trouve son compte. Avec en prime, des savoir-faire et même souvent des pièces uniques faites mains.

Devant cet engouement qui fait boule de neige, la chaîne de supermarchés français Monoprix a décidé d’opter pour le coton bio et les marques de vente par correspondance ont aussitôt flairé le bon créneau pour les tout-petits. Quant au salon du Prêt-à-Porter de Paris, en lançant la section So Ethic, il a permis à plusieurs nouvelles sociétés de prendre leur envol.
Mais avouez qu’il est un peu difficile de s’y retrouver. Pour mieux comprendre, il faut savoir que les vêtements bios sont faits à base de coton cultivés sans pesticides, insecticides ni OGM. Avec un piège cependant, parfois ce coton bio peut être teinté avec des produits chimiques… Et cela, l’étiquette ne le révèle pas forcément.
Ensuite, la mode équitable s’intéresse surtout aux conditions de production qui doivent être «justes» pour toutes les personnes qui interviennent dans la chaîne de production.
Quant à la mode éthique, elle réunit autant les considérations écologiques que sociales. Une démarche ainsi définie par la charte de la Fédération Française du Prêt à Porter: «La mode éthique est une mode de conviction, qui met les conditions sociales de production ainsi que le respect de l’environnement au centre de ses préoccupations.»
Préoccupations qui touchent de plus en plus les consommateurs. Ces derniers ne se contentent pas d’acheter parce qu’il y a marqué bio, éthique ou équitable sur une étiquette. Ils veulent connaître le pourquoi du comment. N’hésitant pas pour cela à faire des recherches sur Internet et plus que tout autre marque, les marques éthiques misent beaucoup sur l’information divulguée sur leur site. Photos des chaînes de productions, projets financés, nombres de personnes concernées,… L’acheteur veut savoir où son argent part et comment, à son échelle, il participe à un monde meilleur.

Il aura fallu du temps au monde du luxe pour se sentir concerné par cette vague de bonne conscience. Jusqu’au jour où Colette s’est retrouvée en rupture de stock de la basket Veja. Puis les magazines de mode ont commencé à flairer le coup. Les Kate Moss et les Sienna Miller ont fini par montrer que l’éthique pouvait être chic et sexy. Et le tour était joué, le luxe s’est enfin demandé si les bons sentiments ne pouvaient pas, finalement, valoriser l’étiquette.
Louis Vuitton a alors décidé de miser sur le développement durable. Galliano, Hermès et même Versace ont, à leur tour, opté pour quelques matières éthiquement correctes.
Ainsi le groupe de luxe PPR (Pinault Printemps la Redoute) s’est associé avec l’Ethical Fashion Show, et soutient le prix Entreprendre la Mode Ethique. Les lauréats se retrouve dans le catalogue de la marque.

Alors incontournable la mode éthique dans les années à venir? Fort probable.
Et avec les 16,5 kilos de textiles consommés par an et par personne, il y en a des vêtements à réinventer avec des tissus recyclés.

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